Tout savoir sur les aurores boréales

Les aurores boréales (les aurores polaires de l’hémisphère nord) font rêver plus d’une personne. Les photos que nous voyons nous laissent perplexes, et en voir de nos propres yeux est époustouflant… Dans cet article, vous allez apprendre tout ce qu’il faut savoir sur ce phénomène :
les croyances ancestrales qui y sont associées, son origine, et la meilleure façon de partir à la « chasse aux aurores » !


Un phénomène longtemps inexpliqué

Nos ancêtres nordiques ont toujours vu les aurores danser dans la nuit polaire. Devant l’incapacité à expliquer de telles lumières surnaturelles dans le ciel, le phénomène a rapidement été associé à la croyance populaire. En Chine, on associait ces lumières à des dragons. Du côté chez les Inuits du Groenland, c’était les esprits des anciens. Et quant au peuple nordique, ils pensaient que c’était un renard arctique qui jouait dans la neige et envoyait de la poussière dans le ciel avec sa queue. Mais les européens ne partageaient pas ces explications poétiques, et y voyaient plutôt un mauvais présage : le rouge était associé à une future guerre sanglante.

Aurore intense en Finlande, en forme de brin d’ADN (oui, on a de l’imagination!)

Ces croyances populaires ont perduré jusqu’au XVIIème siècle, siècle qui a vu se développer l’astronomie moderne grâce à la découverte de nouveaux outils mathématiques et techniques. Dès lors, les astronomes ont commencé à soupçonner que le champ magnétique terrestre pourrait être la clé de compréhension de ce phénomène étrange.

L’origine des aurores

La Terre possède 2 pôles magnétiques, qui sont à l’origine du champ magnétique entourant notre planète. Sans celui-ci, nous n’existerions tout simplement pas : ce champ magnétique nous protège des radiations et du vent solaire. Notre étoile étant relativement jeune, elle connait régulièrement des pics d’activités provoquant alors une éruption solaire. Des particules chargées sont éjectées à pleine vitesse, direction la Terre. ! Ces particules heurtent le champ magnétique terrestre après 8h de voyage. Le vent solaire est tellement violent que notre protection est déformée : le champ s’aplatit face au vent, et s’étire derrière, dans la « queue ». Certaines particules se retrouvent piégées dans le champ magnétique, elles s’y accumulent jusqu’à se relâcher le long des lignes de champ. Elles atteignent alors les pôles et se précipitent dans la ionosphère. Les particules vont entrer en contact avec les atomes constituant cette couche atmosphérique, et se décharger.

Elles émettent alors de l’énergie dans une longueur d’onde donnée correspondant à l’atome touché : vert et rouge pour l’oxygène, bleu rouge violet pour l’azote. Ce sont ces lumières que nous pouvons observer depuis la Terre, et que nous appelons aurore boréale. Les quantités d’atomes varient selon l’altitude : la couleur vert correspond aux hautes altitudes, et la rouge-violet aux basses altitudes.

Les particules se trouvent piégées dans le champ magnétique

De la théorie à la pratique : la chasse aux aurores

La chasse aux aurores s’étend en moyenne de l’équinoxe d’automne à celui du printemps (soit du 21 septembre au 21 mars).

Comme vous l’avez compris, l’intensité des aurores est variable puisqu’elle dépend des humeurs du Soleil. De nombreuses applications indiquant l’indice de probabilité ainsi que la carte des aurores existent : nous vous conseillons par exemple Aurora Forecast. En pratique, vous verrez que la probabilité augmente dès 19h, puis atteint son climax vers 21h. Au-delà de 20%, il est en fait hautement probable que le ciel s’illumine de lumières vertes ! Si la probabilité est bonne, envisagez donc dès 19h votre sortie aurore (s’il n’y a pas trop de nuages) ! Couvrez-vous chaudement, car vous allez passer au moins 2h en statique dans le froid (voir nos conseils d’équipements), pour un spectacle inoubliable !

Le choix du lieu est ensuite primordial car il faut fuir la pollution lumineuse et ne pas se trouver dans un endroit trop encaissé. Privilégiez donc les abords de lac, de forêts, ou devant une petite montagne : un décors féerique amènera encore plus de beauté aux aurores !

Au début, vous ne verrez pas les aurores : c’est normal, elles arrivent ! Elles se manifesteront d’abord par un voile fin grisâtre dans le ciel, signe de leur arrivée imminente (sous 30 minutes). Préparez votre appareil et n’oubliez pas de peaufiner vos réglages.

Photographier les aurores

Pour réaliser une jolie photo d’aurore, il est nécessaire de réaliser une pose longue, afin que le maximum de lumière puisse entrer dans l’appareil. Pour ce faire, placer votre appareil en mode manuel. Désactiver la mise au point automatique (et faire le focus sur l’infini) ainsi que l’éventuelle stabilisation de l’objectif. L’utilisation d’un trépied et d’une télécommande est primordiale, pour éviter d’obtenir une photo floue.

Ensuite, comme pour toute photo, il convient de trouver un bon équilibre entre le temps de pose, l’ouverture de l’objectif, et les ISO. Pour commencer, utilisez l’ouverture la plus grande possible, réglez les ISO sur un seuil acceptable (en essayant de ne pas dépasser les 3200 pour éviter le bruit) et un temps de pose de plusieurs dizaine de secondes.

N’hésitez pas à tester différentes combinaisons, car les réglages parfaits dépendent de l’intensité de l’aurore, de son étendue, mais également de sa vitesse de déplacement, du décors, etc.

Prévoyez le stock de batterie, car le froid à tendance à fortement réduire leur autonomie, mais surtout pensez à lever le nez de votre écran et à profiter de ce spectacle magique et unique.