Laponie – J5: Inari & chiens de traîneau

Cet article fait parti d’une série d’articles traitant sur notre roadtrip en Laponie norvégienne – finlandaise – suédoise. Vous pouvez choisir de le lire depuis le début en cliquant ici, ou en sélectionnant seulement les villes qui vous intéressent.


Aujourd’hui, direction la Finlande pour faire du chien de traîneau à Ivalo, à 30 minutes d’Inari (et 30 minutes de la frontière russe pour les intéressés). Attention au décalage horaire !

Nous avons réservé au Guesthouse Husky, car le tarif était correct et surtout car l’élevage des chiens nous semblait respectueux, contrairement à d’autres. Notre choix s’est porté sur le tour de 3h, soit 20 km, pour 156€. En effet cela nous semblait être un bon début, et nous avons été très satisfaites.

Un petit câlin avant le départ.

Nous avions enfilé notre équipement « grand froid » (voir cette page pour plus d’informations). Par dessus toutes ces couches, le tour nous a fourni une épaisse combinaison coupe vent, des moufles, une paire de chaussette pure laine ainsi que des chaussures. Cet attirail nous a permis d’éviter d’avoir froid au corps, mais les extrémités ont quand même pas mal souffert. Les -20°C de ressenti, ajouté au vent produit par la vitesse du traîneau ont eu raison de nos pieds.

Une fois équipées, nous sommes allées faire un tour au niveau des nombreux chenils, observer les Alaskan huskies. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le terme « Alaskan husky » ne désigne pas une race de chien (les fameux husky noirs et blancs aux yeux bleus par exemple), mais une fonction : un chien d’attelage.

Le précédent tour est arrivé dans une fanfare d’aboiement et nous avons pu caresser les chiens, très affectueux et demandeurs en câlins. Chacun d’eux a reçu une ration de nourriture, composée de viande broyée mélangée à de l’eau gelée, afin de reprendre des forces. Puis nous avons choisi notre attelage, et après quelques explications sur le pilotage… nous voilà parties !

Moment magique.

Nous voilà donc tractées par 6 magnifiques chiens, au milieu de la forêt finlandaise baignée d’une luminosité extraordinaire. Une très bonne expérience car piloter un traîneau est très facile, et consiste principalement à freiner les chiens, hyperactifs à l’idée de courir. Comme nous étions 2 par équipage, il y avait un musher, et un passager, assis dans le traîneau (et responsable des photos!).
On a d’ailleurs sacrifié nos doigts pour pouvoir en prendre, car il fallait enlever les moufles… Il est possible d’échanger de place pendant l’excursion, pour que tout le monde en profite.

Après un peu plus de la moitié du parcours, nous avons fait une halte pour faire une pause goûter. Toute la troupe s’est assise sous un tipi, autours d’un des guides allumant un feu de camp. Ce petit moment bien convivial nous a permis de reprendre des forces en dégustant un sandwich au salami, et de nous réchauffer avec du thé et du café, chauffés à la flamme. Nous avons également pu faire décongeler nos orteils, très douloureux.

Le thé est servi !

Après nous être réchauffées, nous sommes reparties affronter les derniers kilomètres sur notre traîneau. Puis nous avons dû dire au revoir à nos amis les chiens, pour nous rendre à notre Airbnb à Inari.

Cette ville possède une situation géographique intéressante, car elle se situe à côté d’un lac et entourée d’une forêt finlandaise typique lapone. Mais malgré ces atouts, nous avons trouvé qu’elle faisait assez touristique et n’avait donc pas de cachet particulier. Le soir, voyant un indice Kp s’améliorant (voir article sur les aurores), nous sommes parties en quête d’un endroit isolé pour voir des aurores. Le phénomène est cependant resté discret, dommage. Mais petit spoil, le moment tant attendu arrivera d’ici quelques jours.

Petite aurore au loin…

Le lendemain matin, avant de partir pour la frontière suédoise, nous avons profité du soleil hyper rasant et nous avons visité le musée Sami « Siida » se trouvant à Inari, très intéressant, sur le peuple lapon vivant dans des conditions difficiles depuis des générations.

Les Samis sont le peuple qu’on appelle à tort les Lapons, ce dernier terme signifiant « porteurs de haillons ». Arrivés après le retrait des glaciers, ils occupent une partie de la Norvège, Finlande, Suède et Russie. Malgré les conditions rudes régnant dans la région, les Samis ont toujours su mêler traditions et règles de survie en milieu arctique. Leur culture est majoritairement tournée vers le renne, qui leur donne nourriture et habits pour survivre : bottes en tête de renne, couverture en poil de renne, steak de renne… Travaillant le bois efficacement pour confectionner traîneaux, abris, récipients, l’environnement hostile dans lequel ils vivent est devenu autant allié qu’ennemi. Ils ont su profiter du tourisme pour faire connaître leur coutumes et traditions au reste du monde. Cependant, on assiste à un choc des cultures et une désillusion entre monde moderne et ancien, certains Sames n’hésitant pas à montrer leur point de vue sur la future perte de leur culture.

Le musée comporte une exposition à l’intérieur, présentant de nombreux objets samis, et une partie à l’extérieur avec des reconstructions d’habitations en bois, très jolies sous la neige.

Siida, musée sur la culture sami
Prix : 10€, 8€ pour les étudiants

Horaires : 10h – 17h en hiver (fermeture le lundi), 9h – 19h en été

http://www.siida.fi/contents/sami-museum/the-information-services-of-the-sami-museum

Dans le prochain épisode: Un hotêl de glace sur la route de Kolari